Tout ce dont on rêvait de François Roux

Edition Albin Michel

Nbre de pages : 336

Résumé : Justine et son mari Nicolas et leurs deux enfants forment une famille unie comme on peut le voir dans la société d’aujourd’hui. Mais tout bascule lorsque Nicolas perd son travail. Arrivent alors les doutes, l’incertitude du lendemain et la cassure d’un couple dont le fantôme longtemps enfoui revient les hanter.

Avis : 

Ce qui m’a frappée dès les premières lignes du roman c’est l’écriture percutante de l’auteur. Un style qui diffère de mes précédentes lectures et que j’ai trouvé intéressante. Le personnage de Justine à certains moments du roman est torturée pour moi. Avec un amour inaccessible en la personne d’Alex, elle choisit le frère de celui-ci, Nicolas.

Mais est-ce l’amour fou comme on souhaite tous connaître ? Je ne sais pas pourquoi le personnage de Justine m’a fait penser (un peu) à la mère de Delphine de Vigan dans « Rien ne s’oppose à la nuit » par son incapacité à être totalement mère. François Roux raconte la famille de Justine.

Un père qu’elle doit appeler par son prénom et dont la relation se base plus sur un rapport de force qu’à un lien père-fille. Avec le personnage de Joseph, figure paternelle, vient aussi un courant politique et les oppositions entre le grand-père et sa petite-fille. Deux générations  dont la vision du monde est totalement différente.N’étant pas fan de politique en littérature j’ai apprécié que l’auteur ne s’étende pas trop longuement sur le sujet.

Concernant le père de Justine, je ne suis pas d’accord sur ce qu’advient le personnage et le « sort » qui lui est attribué.Ce qui lui arrive (vous le saurez en lisant le roman) ne peut pas être interprété comme une punition méritée.Au fil des pages, François Roux passe de Justine à Nicolas qui est victime d’un licenciement. Ironie des choses, lui qui était habitué à virer, se retrouve à la place de tous ceux qu’il a licencié.

Il connaît alors l’isolement, l’abandon de ceux qu’il pensait ses « amis ». Il devient un paria comme les autres, ceux qu’il regardait de haut, il y a encore peu.  Sur le marché du travail, on le coach, transformé en produit qu’on doit vendre dans un monde sans pitié. Même le coach qui doit l’aider l’abandonne faute de résultats.

On ne peut ne pas être touché parce que vit Nicolas car cela dépeint une réalité malheureusement d’actualité dans un monde sans pitié où l’âge devient un critère de prédilection (pour Nicolas en tout cas), où vous n’êtes plus un être humain mais un produit que l’on façonne.

La perte d’emploi a des répercussions non seulement sur sa vie mais aussi sur sa famille et surtout sur son couple. J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteur montre les conséquences du mal qu’est le chômage. Justine, elle, se sent complètement perdue, dans son couple, dans sa vie. J’ai trouvé qu’elle avait des paroles très dures envers sa vie, remettant en question son mariage et ses propres enfants.

Nicolas n’a t-il été qu’une solution de secours face à son frère Alex dont Justine était amoureuse ? Justine remet vraiment tout en cause, à commencer par la destination qu’elle a prise dès le départ. Au final l’amour de Justine et Nicolas reste un mystère pour moi. Ils reconnaissent tous les deux qu’ils ont fait une erreur en se mariant et pourtant…

On sent qu’il y a un secret entre les deux personnages connu d’eux seuls et cela ne m’a pas dérangée de ne pas comprendre le lien qui les unit. Ce la ne les rend qu’encore plus vivant. François Roux nous livre une peinture réaliste et parfois cruelle de la société. Politique, perte d’une emploi et le mal que cela peut engendrer sans toutefois tomber dans l’excès.

Un roman tellement réaliste que même les personnages ont envie de s’évader, de vivre des choses extraordinaires et c’est là que j’ai pensé que les romans avaient ce pouvoir.

Encore merci aux Editions Albin Michel et à Babelio pour la découverte de ce roman.

Extrait : 

Justine le surveillait de loin. Elle portait une robe noire près du corps, qu’elle aviat illuminée d’un lourd collier de corail d’une rouge flamboyant. Elle lui sourit, il fit de même, maladroitement. Elle eut alors une mimique interrogatrice et Nicolas leva discrètement son pouce pour lui signifier que tout allait bien, qu’elle n’avait nullement à s’inquiéter. Il l’observa longtemps après qu’elle eut tourné la tête.

Il la trouva belle. Jusqu’au dernier, il lui avait épargné le moindre effort, elle avait donc pu consacrer tout son temps à sa tenue, à sa coiffure, à son maquillage, et ce temps, il était visible qu’elle l’avait très bien rentabilisé. Au milieu de tous ces visages anonymes et hostiles, il ressenti une brûlure rien qu’à la voir.

Heureusement qu’elle est là, se dit-il soudain. Cette pensée le rassura puis très vite le déstabilisa. Ce n’était pas à elle de le réconforter, c’est exactement l’inverse qui aurait dû se produire. C’était lui le protecteur, lui le sauveur. C’était sur lui que devait se reposer cette femme qu’il savait si fragile. C’était ce qui avait toujours été.

Il réalisa à quel point il l’avait négligée ces derniers, et peut-être un peu malmenée, il en fut immensément triste. Alors il se dirigea vers elle, l’arracha doucement de sa conversation en la prenant par le bras et susurra à l’oreille : 

-Je suis désolé.

-Nicolas, qu’est-ce qui se passe ? demanda- t-elle, affligée;

-Excuse-moi, dit-il en la fixant avec des yeux affolés. Puis, très vite, en lui caressant la jour de ses lèvres : 

-Je t’aime.

Note : ♥♥♥

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