Cruelles de Cat Clarke

Edition Robert Laffont

Nbre de pages : 417

Résumé : Lors d’un voyage scolaire en Écosse, Cass, l’amie d’Alice, décide de mettre en oeuvre un plan machiavélique pour faire peur à Tara, la peste super populaire de la classe. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.

 

Avis : 

Le roman commence de façon assez brutale, le personnage qui parle (on ne sait pas encore qui c’est) utilise des mots durs. Le lecteur comprend qu’il assiste en même temps que le personnage à un enterrement. C’est celui de Tara morte il y a peu et c’est par la bouche de la défunte que l’on découvre le nom du personnage principal, narrateur de l’histoire : Alice.

Malgré sa mort, Tara est très présente dans le roman, en effet elle hante Alice qui en a beaucoup sur la conscience. Alice raconte ce qui s’est passé cette fameuse nuit en Écosse avec les quatre protagonistes : Cass, Alice, Rae et Poly. Il semble qu’au début du roman c’est Cass qui est l’instigatrice du plan contre Tara. Alice qui accepte de faire peur à Tara, n’est d’accord qu’au dernier moment d’accomplir ce plan machiavélique sous la pression de Cass.

On se rend compte que malgré le fait qu’Alice ai peut-être le plus conscience de ses actes et qu’elle ait un rôle « minime »,  c’est elle qui a le plus de pressions psychologiques notamment avec les apparitions de Tara (qui est morte), lui parlant de ce qu’elle a fait. Le rapprochement entre Alice et le frère de Tara : Jack,  paraît très déplacé et pourtant la jeune fille n’hésite pas à se lancer dans cette histoire.

Cela est peut-être du au fait que se sont des adolescentes qui n’ont pas assez de recul sur leurs propres actes même si Alice sait au fond d’elle-même ce qu’elle doit faire. Car la culpabilité la ronge tout au long du roman. Culpabilité aussi car Tara n’a pas toujours été la fille la plus populaire. Elle était amie avec Alice et celle-ci se rajoute de la culpabilité en pensant qu’elle-même voulant être populaire elle n’aurait pas dû pour cela briser ses liens d’amitié avec Tara.

Elle pense que c’est à cause d’elle que Tara s’est construit ce personnage de peste qui régnait sur son monde. Contrairement à ce que j’aurais pu pensé ce n’est pas le personnage de Cass, le plus important mais le personnage de Polly qui se révèle être la plus manipulatrice. Ce personnage m’a même fait peur tellement il est effrayant. Car nous découvrons que la vérité sur la fameuse soirée en Ecosse est beaucoup plus sombre et perverse qu’Alice le croyait.

J’ai adoré cette tension psychologique qui nous tient durant tout le roman et la fin est tellement frustrante mais je me suis dit « C’est juste génial » parce qu’il n’y a pas de condamnation, on ne sait pas ce que sera l’avenir de ces jeunes filles. Et un regret pour Alice, qui peut-être se prend le plus de coups dans l’histoire et qui au départ n’était pas du tout partante pour le « plan contre Tara ».

Tout ce qu’on sait c’est qu’Alice se sent délivrée de ce poids sur ses épaules, de cette chose qui la rongeait car sans le savoir, dans sa tête,  elle vivait déjà dans une prison. C’est le deuxième roman de Cat Clarke que je lis et je n’ai pas du tout été déçue. La lecture est fluide et simple et confirme mon avis sur cet auteur qui est excellent.

Extrait : 

Nous attrapons le bus suivant. Nous ne disons rien durant le trajet. Papa a un bras posé autour de mes épaules. Du coup,  je me sens bien. C’est comme s’il n’y avait que lui et moi. Lui et moi contre le reste du monde.

Le magasin de beignets est idéalement situé : pile-poil entre l’arrêt du bus et la maison. C’est notre endroit préféré, à papa et moi. Nous nous installons dans notre box habituel. Je commande aussitôt un beignet à la confiture de framboise et un autre au sirop d’érable. 

En général, j’ai du mal à finir le deuxième, mais mon père m’aide toujours dans ces cas-là. Chaque bouchée me fait l’effet d’un petit morceau de paradis.C’est comme si elles rendaient tout meilleur.

Le sucre est ma drogue de premier choix. Nous parlons de tout et de rien en faisant comme si je n’avais pas le nez morveux et les yeux rouges à cause des larmes qui continuent d’envahir mes orbites.

Mais une fois le dernier beignet englouti et le taux de sucre un peu redescendu, papa prend une gorgée de café, me jette un coup d’œil et me dit : « J’aimerais que tu me parles un peu de Tara ».

 

Note : ♥♥♥♥

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