Dodgers de Bill Beverly

Editions Seuil

Nbre de pages : 352

Résumé : East est très jeune et est guetteur de taule qui abrite le monde de la drogue. Lorsque la police prend possession de la taule, East se retrouve face à son patron et doit rendre des comptes. Celui-ci lui propose alors une étrange mission.

Avis : 

L’auteur nous fait rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Il nous présente East, un guetteur qui prend son job très au sérieux. La taule, repère de la drogue fonctionne comme une entreprise tout à fait normale.

Le lecteur reste à l’extérieur de la Taule tout comme les guetteurs et ne savent pas ce qui se passe à l’intérieur. Après la descente de police qui condamne la Taule, East le personnage principal doit rendre des comptes.

Et là on découvre une vraie organisation mafieuse. Chaque personne peut être tuée à tout moment. L’écriture froide nous plonge dans le monde violent de la drogue. Après un entretien à propos de la taule qui est tombée aux mains de la police, Fin, chef du réseau mais aussi un parent d’East propose à celui-ci un contrat.

Tuer un témoin gênant. Le héros accepte sans hésiter et n’a pas le moindre scrupule à éliminer quelqu’un. La brièveté de cette réponse m’a étonné. Mais ce monde est vraiment sans pitié et l’on comprend très vite que le jeune homme  qui est guetteur depuis qu’il a 10 ans n’a aucune aucune conscience du bien et du mal.

Il s’est construit une carapace pour survivre. Il fait preuve de sang froid quand Fin, qui est de sa propre famille lui plaque un calibre sur la tempe. Pour sa mission East doit faire équipe avec deux inconnus et son petit frère. La très grande difficulté d’East est de faire confiance au reste de l’équipe même à son frère qui ne lui est pas plus familier que les autres.

East est un personnage très sérieux, qui veut rester concentré sur sa mission et ne pas dévier de son objectif. Un trait de personnalité dans lequel je me suis retrouvé. L’épisode du Casino ne va donc pas plaire à notre personnage, je n’en dirai pas plus.

La question des noirs sous entendue dans le roman par l’auteur mais jamais exposée de façon directe. J’ai été surprise de la relation entre East et son frère. En fait ils n’ont aucune relation, aucun lien existant, ce qui va les mener au pire. Les deux frères montrent au lecteur que le monde de la drogue gomme tout genre de sentiments.

East est tellement obnubilé par le trajet qu’il en oubli le principal, il va tuer un homme. L’auteur a dénué les personnages de tous sentiments d’humanité. Très vite je me suis rendue compte que la mission, tout comme les personnages, sont complètement maladroits. Par exemple lorsque East ne se souvient même plus du visage de l’homme qu’il doit assassiner.

Étonnamment c’est la dernière partie du roman que j’ai le plus apprécié. On retrouve le personnage principal, seul, qui essaye de s’en sortir. Le fait que les autres personnages ne soient plus là nous rapproche plus d’East. Lorsqu’il prend un nouveau travail, j’ai dans l’espoir qu’il va changer de vie et laisser derrière lui son passé de délinquant mais cet espoir s’évanouit.

Si je suis le raisonnement du roman, une fois que l’on est dans ces « affaires », on ne peut plus en sortir et je trouve ça dommage car East n’est pas le gangster de la drogue qu’on peut imaginer. Il est très jeune et peut encore changer de vie mais comment faire ? Voilà la grande question du roman.

En conclusion j’ai apprécié ma lecture mais je trouve exagéré ce qui est inscrit sur la quatrième de couverture « un des plus grands polars littéraires ». C’est une histoire qu’on prend plaisir à lire et l’on s’attache au personnage d’East. Je trouve d’ailleurs dommage que l’on se retrouve en tête à tête avec lui uniquement à la fin du roman.

Je vous conseille ce livre pour faire un voyage en compagnie de quatre « fans » des  Dodgers.

Extrait : 

Ce qu’avait East-la taule dans les Boîtes, une équipe, le job au quotidien dans le gang de Fin, Fin lui-même, et peut-être son refuge sous l’immeuble de bureaux, et Ty, quoi qu’ait bien pu signifier Ty au bout de cette gravité invisible qui les liait tristement l’un à l’autre à travers les années et les blocs – tout cela avait disparu.

Obsolète, tout. Les rues seraient là, le business aussi, et il était doué. Mais il était aussi connu pour être un gars de Fin. Même s’il se maquait avec une autre mafia, il serait un second couteau, un réfugié. Jamais un citoyen. Rien de ce qu’il avait accompli avec Fin ne lui servirait. 

Il  recommencerait tout en bas de l’échelle, comme un gosse de dix ans.

 

Note : ♥♥♥

Merci à Babelio et aux éditions du Seuil de m’avoir fait confiance et de m’avoir fait découvrir ce roman.

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