Brooklyn de Colm Toibin

Edition 10/18

Nbre de pages : 336

Résumé : Eilis doit quitter sa terre natale, l’Irlande pour les États-Unis, Brooklyn plus précisément. Mais rien ne va être facile pour la jeune femme qui n’a jamais quitté son foyer.

Avis : 

Le livre est très abordable , ce qui permet une lecture facile et rapide du roman. Nous y découvrons une héroine : Eilis qui est très travailleuse.J’ai remarquer très vite que l’auteur se sert des personnages pour aborder des thèmes parfois sensibles. Très clairement ce livre m’a fait penser à un roman d’apprentissage où l’héroine, qui est jeune, fait des rencontres et apprend sur le long chemin qu’on appelle la vie.

Le premier personnage que j’ai pu remarquer malgré le peu de temps où elle apparaît c’est Mlle Kelly. Elle montre un personnage qui fait une différence de classes sociales. Elle tient un magasin où un client haut placé va être privilégié par rapport à un autre. Eilis qui est d’une famille modeste, ne comprend pas et observe sans protester ce comportement.

Un autre sujet qu’aborde l’auteur est la migration de l’Irlande aux Etats-unis. La jeune femme qui n’a jamais quitté son foyer, sa famille, doit partir pour travailler dans un pays inconnu. Et ce qui m’a marqué c’est la différence que les personnages font par rapport à la nationalité. Souvent un personnage va dire « les irlandais » ou « les italiens ». Beaucoup d’à priori sur des gens qu’on rassemble systématiquement en communauté et l’on considère tout le monde de la même façon.

Un sujet encore plus sensible qui va être évoqué lorsqu’Eilis est à Brooklyn, c’est le racisme. Dans le magasin où la jeune femme travaille comme vendeuse, l’établissement commence à recevoir peu de temps après son arrivée, des femmes de couleur. Chose qui ne plaît pas aux autres pensionnaires de la maison de Mme Kehoe où loge Eilis.

La condition de la femme à travers le personnage d’Eilis est importante. Tout d’abord le fait que les fréquentations de la jeune femme soient très surveillées notamment par Mme Kehoe qui n’acceptent pas d’hommes dans la chambre de ses pensionnaires. Aujourd’hui tout cela semble si loin. De plus lorsque l’héroine perd un membre de sa famille, un de ses frères lui écrit pour lui dire qu’elle pourrait rentrer en Irlande car sa mère serait seule à présent.

J’ai pensé tout de suite « pourquoi faut-il que ce soit Eilis qui rentre auprès de sa mère ? » et pas un de ses frères qui sont plus près que la jeune femme. Enfin lorsqu’Eilis épouse Tony, elle se doute qu’elle devrait arrêter de travailler pour s’occuper de la maison et des futurs enfants. Encore de vieilles traditions mais qui sont normales pour l’époque.

En ce qui concerne Tony, j’ai beaucoup de mal à cerner le personnage et l’histoire d’amour qu’il entretient avec Eilis. Le lecteur n’est jamais vraiment sûr si la jeune femme l’aime vraiment. Ce que je regrette d’ailleurs que ce soit dans le personnage d’Eilis ou dans l’écriture de l’auteur c’est le manque de sentiments et d’émotions. On ne ressent pas d’empathie pour les personnages et j’ai ressentie une barrière durant ma lecture qui m’empêchait de vraiment être dans le roman.

Pour conclure, ce fut une lecture agréable, mais l’ayant repéré grâce aux réseaux sociaux où je l’ai vu beaucoup de fois, je suis un peu déçue.

Extrait : 

En approchant de chez Mme Kehoe, elle s’arrêta et se tourna vers lui.

-J’ai quelque chose à te dire.

-Je sais.

-Tu te souviens, l’autre soir, quand tu m’as dit que tu m’aimais ?

Il hocha la tête. Son expression était triste.

-Eh bien, je ne savais pas vraiment quoi te répondre. Alors je devrais peut-être te dire que j’y ai pensé. J’ai pensé à toi, et tu me plais beaucoup, j’aime beaucoup te voir, tu es quelqu’un qui compte beaucoup pour moi, et peut-être aussi que je t’aime. Et la prochaine fois, si tu me dis encore que tu m’aimes, je…

Elle se tut.

-Tu quoi ?

-… Je dirais que je t’aime aussi.

-Tu es sûre ?

-Oui.

-Merde alors ! Excuse-moi, mais j’ai cru que tu allais me dire que tu ne voulais plus me voir. Elle se tenait devant lui et le regardait. Elle tremblait.

-Tu n’as pas l’air de le penser vraiment, dit-il.

-Je le pense vraiment.

-Alors pourquoi ne souris-tu pas ?

Elle hésita, puis sourit de son mieux.

-Je peux rentrer maintenant ?

Note : ♥♥♥

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