Le chant du Rossignol de Kristin Hannah

Edition Michel Lafon

Nbre de pages : 525

 

Résumé : Kristin Hannah peint deux portraits, de deux femmes différentes, deux sœurs durant la Seconde Guerre Mondiale.

Avis : 

Le début du roman annonce tout de suite la couleur, on le ressent quand l’histoire a une aura particulière et ce fut le cas pour moi. Il nous présente une veille femme malade qui va replonger dans son passé. Nous retournons en arrière en 1939. L’histoire nous présente Vianne, abandonnée avec sa plus jeune sœur Isabelle, par leur père à la mort de leur mère.

Vianne a sa vie à elle, elle est tombée enceinte très jeune et ses mariée tout de suite avec Antoine son premier amour. J’ai été stupéfaite par le déni de Vianne concernant la guerre. En tant que lecteur qui connaît l’Histoire on ne peut que regretter la naïveté de Vianne qui pense que la ligne Maginot va les protéger. La réalité la rattrape lorsque son mari est mobilisé.

Nous avons dans un second temps la présentation d’Isabelle, la sœur de Vianne qui est l’opposé de celle-ci. Rebelle, la jeune fille de dix-neuf ans se fait renvoyer de tout les pensionnats et son père ne la désire pas chez lui. Lorsque la guerre éclate, Isabelle s’insurge contre les allemands et souhaite s’engager afin d’aider les soldats mais l’on se moque d’elle car elle n’est « qu’une femme ».

Ce livre est un vrai film à lui tout seul, l’auteur raconte avec réalisme la violence de la guerre. Quand Paris est pris par les allemands, l’exode commence et le père d’Isabelle envoie sa fille chez Vianne. Durant le voyage, nous pouvons très bien imaginer grâce aux mots de Kristin Hannah, l’enfer que représente cette fuite, qui devient de plus en plus violente avec les bombardements et le lecteur à l’impression de vivre ces moments avec les personnages.

De son côté Vianne qui est institutrice, constate que l’occupation allemande est parvenue partout et cette phrase m’a marquée : « ne devrions nous pas apprendre l’allemand ? » demande un des élèves de Viviane. Lorsque la capitulation est annoncée par le Maréchal Pétain, les avis des deux sœurs divergent. Entre rébellion pour Isabelle et résignation pour Vianne, les deux esprits s’affrontent.

J’ai beaucoup apprécié qu’il y ait bien sûr une figure de résistante dans le personnage d’Isabelle mais aussi une figure plus raisonnée en la personne de Vianne, qui a confiance en Pétain, héros de la première guerre. Bien que différents, nous pouvons comprendre les deux points de vue des jeunes femmes. L’une veut se battre pour la France et l’autre veut à tout prix assurer la sécurité de sa fille.

Mais jusqu’où peut-on aller ? La question est délicate. Lorsque le capitaine Beck qui loge chez Vianne lui demande d’écrire la liste de professeurs , juifs notamment, dans son école, pour des raisons administratives, Vianne hésite mais s’exécute. Quelques temps après, sa meilleure amie, Rachel, qui est juive, se fait renvoyer de l’école ainsi que d’autres de ses collègues.

Espérant avoir des nouvelles de son mari par l’allemand Beck, ce qui l’a poussé principalement à écrire cette liste, le personnage de Vianne aborde un thème important. Car bien qu’ennemis, Vianne et le soldat allemand sont des être humains qui ont une famille, des sentiments et l’on pourrait presque trouver le capitaine Beck gentil si l’on nous rappelait pas qu’il est allemand.

La deuxième partie du roman est beaucoup plus violente avec la dureté de la guerre et surtout l’apparition des rafles. Le lecteur ne peut être que bouleversé par l’ignorance des personnages quand au sort réservé aux juifs. Ainsi une femme juive qui s’apprête à être emmenée dira à son fils « nous somme en sécurité avec les gendarmes français ».

Vianne va connaître l’expérience des rafles avec son amie Rachel. Un passage très poignant qui montre un degré de violence supérieur à tout ce que la jeune femme a vécu auparavant. La deuxième partie du roman dont l’intensité de violence est à son paroxysme s’explique par les défaites des allemands qui le font payer aux citoyens français.

Les deux héroines du roman sont très attachantes, ayant chacune leur personnalité. Isabelle va grandir pendant cette guerre, laissant la jeune fille rebelle et impétueuse s’effacer pour sauver des vies. Mais le plus grand changement vient pour moi du personnage de Vianne, qui au début du roman ne pensait sûrement pas vivre de telles horreurs.

Le personnage de Vianne est aussi très intéressant car elle ne peut se permettre de se rebeller car responsable de ses enfants, elle doit garder comme objectif celui de rester en vie à tout prix quitte à se sacrifier (de différentes manières) pour assurer la sécurité de Sophie et de Daniel. Malgré tout, Vianne ,va tout de même, comme sa sœur, résister à sa manière et sera reconnue des années plus tard comme une héroïne aux yeux des français.

Des années plus tard, alors qu’une réunion est organisée pour réunir les résistants de la guerre, il est toujours aussi difficile pour Vianne de parler de ce qu’elle a vécu. L’auteur souligne qu’il est très difficile pour des souvenirs si douloureux à porter de se confier même à ses proches. Ainsi Julien, le dernier fils de Vianne n’est pas au courant de toute l’histoire.

Enfin, je terminerai par le sentiment le plus pur qui est présent dans les atrocités de la guerre : l’amour. L’amour que Vianne porte à son mari Antoine, qui malgré les épreuves vont rester unis. Mais aussi l’amour qui lie Isabelle et Gaëtan, deux résistants prêts à tout pour sauver leur pays. Un amour si furtif comme leurs rencontres qui ponctuent le récit. Ils se retrouvent pour toujours à la fin de ce cauchemar pour entendre une expression interdite en tant de guerre : « Je t’aime ».

Un livre qui pour moi est un incontournable de cette année, à lire absolument.

Extrait : 

D’aussi loin qu’elle se souvint, les gens avaient dit d’Isabelle qu’elle était impétueuse. Et insouciante, et dernièrement, irresponsable. Durant l’année écoulée, elle avait suffisamment mûri pour constater que c’était vrai.

Dès ses plus lointains souvenirs, elle avait d’abord agi et songé ensuite aux conséquences. Peut-être était-ce parce qu’elle s’était sentie seule pendant si longtemps. Elle n’avait jamais eu personne pour l’écouter, un meilleur ami.

Elle n’avait eu personne pour l’aider à réfléchir ou trouver une solution à ses problèmes. Au delà de ça, elle n’avait jamais bien su contrôler ses impulsions. Peut-être parce qu’elle n’avait jamais rien eu à perdre.

À présent, elle savait ce que signifiait avoir peur, et vouloir quelque chose-ou quelqu’un-au point d’en souffrir. L’ancienne Isabelle aurait simplement dit à Gaëtan qu’elle l’aimait et aurait laissé le sort décider de la suite.

Elle ne savait pas si elle avait la force de se voir à nouveau rejetée. Et pourtant. C’était la guerre. Le temps était le seul luxe que personne n’avait plus. Demain semblait aussi éphémère qu’un baiser dans le noir.

Note : ♥♥♥♥

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