Shim Chong, fille vendue de Hwang Sok-Yong

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Edition Points

Nbre de pages : 557

Résumé : Chong, jeune fille de quinze ans, va être vendue par son père et sa belle-mère. Encore innocente, elle va découvrir la dure réalité de la vie.

Avis : 

Vous allez me dire avec un titre comme « Shim Chong, fille vendue », tu ne t’attendais pas à un conte de fée quand-même ? Non je ne m’attendais pas à ça mais j’avoue ne pas avoir aimé ma lecture. L’histoire et l’écriture de l’auteur ne sont pas le problème, le problème c’est qu’en tant que femme je n’ai éprouvé aucune empathie pour l’héroïne.

L’histoire débute avec Chong dans un bateau, prête à être vendue. L’auteur remonte un peu en arrière pour expliquer que c’est sa belle-mère, une marâtre qui a décidé de vendre la jeune fille. J’avoue que j’ai néanmoins beaucoup aimé le dépaysement qu’apporte le monde asiatique.

Au cours du voyage, les hommes qui accompagnent Chong lui donnent un nouveau nom : Lenhwa, « fleur de lotus ». Elle est considérée comme un objet quand un des homme dit à un autre de l’inscrire sur la liste des marchandises du bateau.

Chong va devenir une concubine et lorsqu’on la prépare pour son maître : Chen. Elle est manipulée comme un simple objet sans prendre en compte ses sentiments et ses envies. Ce qui m’a révoltée c’est qu’à aucun moment l’héroïne se rebelle, tellement habituée à ce que que ce soit le cas cela m’a dérangé.

Lorsque son maître meurt, Chong part vivre avec Guan, le plus jeune fils de Chen. Il tient le « Pavillon des plaisirs » et Chong ne tarde pas à rejoindre les prostituées. Elle y rencontre Dongyu, un musicien avec lequel elle se marie. Lorque la Chine est bombardée par les britanniques, Chong et les autres filles fuient. Chong et Dongyu finissent par partir de leur côté.

En prenant ce livre je m’attendais à des scènes de sexe, mais pas au point d’en ressentir un tel dégoût. C’est la première fois qu’un livre me donne vraiment la nausée, physiquement, et cela pour une scène de viol collectif dont Chong est la victime lorsqu’elle est enlevée, séparée de Dongyu, pour être encore une fois vendue.

Arrivée à ce stade, je me suis posée la question : est-ce que je continue ? J’ai continué et j’avoue qu’entre les pages 200 et 300 qui se passent dans une maison de prostitution où Chong est arrivée ne m’ont pas plus plu. Pour exemple, lorsque les prostituées doivent s’occuper de 80 clients à satisfaire et encore nous n’avons pas tous les détails et j’en remercie l’auteur.

À partir de la page 300, les scènes de sexe disparaissent laissant le lecteur respirer. Je suis bien consciente que dans la réalité de telles pratiques ont existé mais à lire ce n’est vraiment pas plaisant. Chong devient la « mère » de la petite fille de Lingling, amie de Chong, morte en couche et gangne en respectabilité chez Madame Shang.

Quand Chong est choisie par un occidental pour devenir sa concubine, c’est une nouvelle chance qui s’offre à elle. Elle découvre un nouvel univers, se fait des amies, avec lesquelles elle a même pour projet de s’occuper des enfants abandonnés. Prise d’un soupçon de raison (enfin), Chong veut décider elle-même qui elle épousera et décide de retourner chez Madame Shang.

Chong décide de partir avec sa fille à Ryukyu et de tenir une maison de geishas. Elle y rencontre un prince et se marie. Mais il mourra, exécuté. Malgré une fin un peu plus calme que la majorité du roman j’ai eu beaucoup de mal à finir le livre.

« Un roman tendre et délicat », je suis désolée mais je ne vois pas où se trouvent la tendresse et la délicatesse dans ce livre. Pour moi c’est un roman réaliste sur l’esclavage sexuel des femmes et une vision d’une autre culture.

Extrait : 

Chong se demanda si c’était vraiment ce dont elle avait envie. Elle essayait de se rappeler le visage des hommes qu’elle avait rencontrés. Mais leurs traits s’étaient estompés. De Dongyu, son premier amour qui au début lui avait tant manqué, elle ne se rappelait même plus la voix. 

Avait-elle jamais souhaité devenir la femme de quelqu’un ? Son rêve d’ouvrir un magazin à Hangzhou et de vivre avec Dongyu ne s’était-il pas envolé au bout de quelques jours ?

-Je suis une fille vendue, je suis là en échange de ce que vaut mon corps. Est-ce que j’aspire à devenir libre ? Est-ce que dans ce monde, les gens sont vraiment libres ? Quand on a beaucoup d’argent, devient-on libre ?

Je ne pense pas. Les gens vivent en peinant, puis, devenus vieux, incapables de survivre sans assistance, ils meurent en faisant sous eux. Je ne sais même pas qui je suis. Je n’ai jamais vraiment aimé.

Je me trouve dans ce bout de monde, incapable de retourner où je voudrais. James dit que les Occidentaux sont en train de changer le monde, de le remodeler partout à leur façon, le moderniser…

Note : ♥♥♥♥

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