Médiathèque de Montluçon : Maxou « chante le crime »

« Chanter le crime : complaintes criminelles et canards sanglants, en Montluçonnais & alentours, XIXe -XXe siècles »… Ou comment les « médias » de l’époque, alors qualifiés de « canards » ont-il rendu compte de l’horreur des crimes sanglants ?  C’est le sujet qu’abordera Jean-François Heintzen, le samedi 16 janvier.

Pour la première des 3 conférences de son cycle annuel, la Médiathèque a convié Jean-François Heintzen, dit Maxou, spécialiste des pratiques musicales des milieux populaires dans le Centre de la France, auxquelles il a consacré une thèse en 2008. Joueur de vielle et de cornemuse, au sein du groupe La Chavannée de Montbel, il donne aussi des cours de vielle à l’école de musique de Bourbon-l’Archambault et il encadre  des stages tant en France qu’à l’étranger.

En se basant sur une série de crimes commis en région montluçonnaise, Maxou montrera comment ces faits divers  ont été contés et relayés auprès des couches populaires de l’époque  par l’intermédiaire de ces « complaintes », chantées, partiellement dans certains cas, sur les places, les foires et marchés publics. Leur choix  a été  dicté par leur caractère local, ainsi que par les caractéristiques des complaintes, afin d’illustrer le propos développé à leur sujet. Ce sera aussi l’occasion de rappeler par de nombreux documents ce qu’étaient les « médias » de l’époque, dont ces fameux « canards sanglants » à la publication occasionnelle.  Toujours doté d’un titre ronflant, visant à racoler le chaland, le canard fourmille de détails  crus sur un crime épouvantable : massacre, coups de poignards, corps mutilés, sang à volonté, tels sont les ingrédients de base d’une bonne complainte. Le tout appuyé sur des images de plus en plus réalistes, au fur et à mesure que les procédés de reproductions s’améliorent. Le public en redemande…Si l’apparition de la presse populaire  illustrée portera un coup à ces « canards sanglants », elle ne les fera pas pour autant  disparaître au début du XXème siècle.

Au-delà des images sur lesquelles il s’appuiera, et des faits divers évoqués,  Maxou  n’oublie pas qu’il est musicien et c’est en s’accompagnant de sa vieille qu’il chantera le crime avec le talent qu’on lui connaît.  Ambiance garantie ! De quoi ravir les amateurs d’histoire locale, de musiques populaires, autant que ceux qui s’intéressent à l’histoire des médias…

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