Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos

Edition GF Flammarion

Nbre de pages : 549

Résumé : Cécile de Volange, encore tout jeune femme quitte le couvent pour découvrir le monde et épousé le Comte de Gercourt. L’occasion est trop belle pour la marquise de Merteuil de se venger de celui-ci. Elle demande à son ami Valmont de pervertir la jeune fille avant ses noces.

Avis : Un classique, c’est le premier roman épistolaire que j’ai lu et qui m’a fait aimé ce style. Je me souviens aussi du film et de la fin lorsque la marquise de Merteuil se démaquille et enlève son masque. Plus que l’amour de Mme de Tourvel et Valmont c’est pour moi l’image de la femme que représente la marquise qui est le plus fort. Une femme indépendante, manipulatrice et qui s’affranchit de la morale. Un classique à lire absolument.

Extrait : Lettre CLIII :

Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil.

Je réponds sur-le-champ à votre Lettre, et je tâcherai d’être clair ; ce qui n’est pas facile avec vous, quand une fois vous avez pris le parti de ne pas entendre.
De longs discours n’étaient pas nécessaires pour établir que chacun de nous ayant en main tout ce qu’il faut pour perdre l’autre, nous avons un égal intérêt à nous ménager mutuellement : aussi, ce n’est pas de cela dont il s’agit. Mais encore entre le parti violent de se perdre, et celui, sans doute meilleur, de rester unis comme nous l’avons été, de le devenir davantage encore en reprenant notre première liaison, entre ces deux partis, dis-je, il y en a mille autres à prendre. Il n’était donc pas ridicule de vous dire, et il ne l’est pas de vous répéter que, de ce jour même, je serai ou votre Amant ou votre ennemi.
Je sens à merveille que ce choix vous gêne ; qu’il vous conviendrait mieux de tergiverser ; et je n’ignore pas que vous n’avez jamais aimé à être placée ainsi entre le oui et le non : mais vous devez sentir aussi que je ne puis vous laisser sortir de ce cercle étroit sans risquer d’être joué ; et vous avez dû prévoir que je ne le souffrirais pas. C’est maintenant à vous à décider : je peux vous laisser le choix mais non pas rester dans l’incertitude.
Je vous préviens seulement que vous ne m’abuserez pas par vos raisonnements, bons ou mauvais ; que vous ne me séduirez pas davantage par quelques cajoleries dont vous chercheriez à parer vos refus, et qu’enfin, le moment de la franchise est arrivé. Je ne demande pas mieux que de vous donner l’exemple ; et je vous déclare avec plaisir que je préfère la paix et l’union : mais s’il faut rompre l’une ou l’autre, je crois en avoir le droit et les moyens.
J’ajoute donc que le moindre obstacle mis de votre part sera pris de la mienne pour une véritable déclaration de guerre : vous voyez que la réponse que je vous demande n’exige ni longues ni belles phrases. Deux mots suffisent.

Paris, ce 4 décembre 17**.

Réponse de la Marquise de Merteuil (écrite au bas de la même Lettre).

Hé bien ! la guerre.

 

Note : ♥♥♥

 

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